10 mars 2008

Penne aux conserves, bis : coulis de tomates crémeux, thon, artichauts

Les travaux ont repris dans notre F2 avec vue. Cette fois, il a fallu détapisser et repeindre notre chambre puis fabriquer un placard. Ce n’est pas que je m’intéresse particulièrement à la décoration d’intérieur, mais une tapisserie jaunâtre qui part en lambeaux et des piles de vêtements posées à même le sol, c’est parfois un peu pénible. Mes impressions en vrac (trop épuisée pour réussir à rédiger un texte construit) :

• Dans « 24 heures chrono », Jack Bauer torture les terroristes en leur tirant une balle dans la jambe et en les menaçant de tuer leurs enfants.
Moi, ce que j’en dis, c’est que Jack Bauer n’a jamais fait de travaux chez lui. Pour faire parler n’importe quel terroriste ayant décidé de détruire Los Angeles dans un cataclysme nucléaire, faites-lui repeindre un plafond. Durée de résistance : un quart d’heure.

• À un moment, on était tellement désespérés qu’on a pensé présenter notre cas au casting de l’émission D&co (M6), c’est vous dire. Je salue d’ailleurs la résistance héroïque de Brad (en même temps, je comprends tout à fait qu’il soit davantage effrayé par les créations de Valérie Damidot que par des carreaux de plâtre pesant deux tonnes chacun).

• Finalement, heureusement qu’on n’a pas les moyens de vivre dans un F12.

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21 février 2008

Petits oignons marinés au vinaigre de cidre et à la sauge

Au mois de décembre, j’ai été clouée au lit par une mauvaise bronchite pendant une dizaine de jours. Alors que je couinais du matin au soir en sanglotant parce que j’étais persuadée d’avoir attrapé la tuberculose ganglionnaire voire la peste bubonique, Brad a dû déployer des trésors de créativité pour empêcher mon esprit de succomber à sa tendance naturellement mélodramatique et pessimiste. Croyant bien faire, il m’a déniché l’intégrale de Sex and the city en DVD. Or, malgré la drôlerie des dialogues et les pouvoirs hautement fantasmagoriques de Mister Big, ce marathon télé a eu sur moi des conséquences fâcheuses :

• Galvanisée par le générique de Sex and the city, je suis allée acheter une robe-tutu rose layette chez Décathlon et je l’ai enfilée pour aller arpenter les allées du marché d’Aix-en-Provence. Une mémé a fait le signe de croix, des adolescents m’ont jeté des cailloux (satanés gangs aixois) et ma bronchite s’est transformée en pneumonie ;

• La triste réalité de ma vie professionnelle m’a sauté à la figure : alors que je dois bosser cinq jours sur sept dans un boulot aussi excitant que la messe télévisée du dimanche matin (mais pire), Carrie Bradshaw est payée pour faire du shopping, boire des Cosmopolitan dans des bars branchés et écrire des trucs aussi profonds que : « L’avantage d’une nouvelle relation, c’est qu’on repart à zéro », ou encore « L’extase des sens c’est super, mais je préfère les chansons dont je peux fredonner l’air » ;

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15 février 2008

Burger day : moult hamburgers maison pour savater Ronald McDonald

À mon avis, Ronald Mac Donald est en train de se gaver de Prozac, le pauvre. Il y a environ un mois, je vous proposais en effet un « burger day » pour concurrencer Ronald car, comme le truculent Estèbe, je reste persuadée qu’il faut réhabiliter ce « mets digne d’attention » gourmande. Vous avez été plutôt nombreux à répondre à l’appel du burger, ce qui donne une liste assez sympa de recettes, de la plus tradi à la plus originale en passant par la version cosmopolite, minimaliste, josébovesque, végétarienne ou même carrément flippante (cf. fin de liste, attention au haut-le-cœur). C’est donc officiel : je suis désormais le Steve Jobs du fast-food (à Ronald le burger plouc et plébéien, à moi le burger élististe et branché).

Cette liste n’est pas définitive : vous pouvez toujours m’envoyer vos burgers si vous souhaitez ajouter votre pierre à ce magnifique édifice de cholestérol (mais pas que, y’a aussi des burgers végétariens et au poisson).

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12 février 2008

Compotée de confit de canard en mini-burgers, par le blogueur masqué

Un illustre blogueur a souhaité participer au burger day tout en conservant son anonymat. Il m’a exposé les raisons de cette pudique clandestinité dans un email déchirant que je vous retranscris ci-dessous. Parce que dans la vie, il faut savoir mettre de côté les confits et les zizis, et s’engager pour des valeurs auxquelles on croit, « Le confit c’est pas gras » sera aujourd’hui placé sous le signe de la gravité et de l’émotion (mais aussi de Shakespeare, d’une certaine Alice et de ses quelques merguez).

***

« Chère Anaïk,

Fidèle lecteur et admirateur du « Confit c’est pas gras », je te félicite pour cette brillante initiative invitant à savater Ronald. Cet exercice a toutefois provoqué en moi un retour accidentel vers un passé que je croyais enfoui en ces temps où je mangeais surtout de la viande et en rédigeais des recettes.

Je croyais le fauve fatigué mais voici que patatras, j’ai succombé à la tentation, pas plus tard que ce dimanche, tandis que j’étais au marché à l’heure de la messe. Un instant de faiblesse que je confesse tout en le savourant. Une seule fois dans ma longue vie, j’ai cuisiné des burgers et ils étaient au confit de canard. Tu comprends que la rechute devint dès lors inévitable pour ton Burger Day. Le destin est inexorable.

J’ai également un blog de cuisine, mais je ne peux décemment pas y publier une recette à la viande, mon public et la presse (i.e. ma fille et son journal intime) ne le comprendraient pas. Ainsi, tu me rendrais un joli service en hébergeant ma participation, tout en pardonnant le caractère anonyme de ma démarche.

Je ne suis pas végétarien, mais j’ai décidé voici quelques années, en revoyant avec ma gamine les séquences animées de mon enfance, que je n’inciterai plus jamais à la consommation d’animaux qui parlent. Panpan et Bambi, Nounours, Daffy Duck, Mowgli, Paquerette, Jolly Jumper et les autres, impossible de me résoudre à poursuivre leur apologie culinaire…

Je ne peux contempler une tranche de jambon sans y reconnaître les Trois Petits Cochons ; chaque fois que je rencontre un œuf, je lui lance un « Bonjour p’tit Caliméro! »; un barbecue coréen me fait sinistrement penser aux 101 Dalmatiens, et la moindre platée de couscous me transporte avec Alice, au Pays des Merguez. Je vacille facilement face à une Vache Qui Rit, ceci inscrit pour ne rien te dissimuler de ma solitude de janséniste en ce monde qui n’est que péché de chair, frivolité et vile envie. (Oui d’accord, dans envie , il y a en vie)

Lors de ma dernière confrontation avec une tête de veau, je fus plus déstabilisé qu’un prince danois, paître ou ne pas paître devint ma question. Que dire enfin du tragique destin des souris d’agneau, peu de choses, sinon laisser parler deux yeux qui se taisent et s’embuent, l’un pour les crèches de Noël et l’autre pour Mickey…

Ces quelques exemples te montrent pourquoi je ne cuisine à visage découvert sur mon blog, que des créatures du monde du silence, de ces animaux qui ne parlent pas. Certes, il y a eu Némo et La Petite Sirène, mais j’ai gardé les doigts enfoncés dans les oreilles pour ne rien entendre durant la projection, j’aime trop les fruits de mer pour me laisser aller à une sensibilité aussi profondément déplacée. Profond d’accord, mais abyssal jamais.

Je sais pouvoir compter sur ta généreuse compréhension et je t’en remercie, voici donc cette recette que je n’ai pas refaite depuis avant la naissance de ma fille, laquelle va sur ses douze ans. » Lire la suite et voir la recette »

6 février 2008

Canistrelli à l’anis et à la farine de châtaignes

Beaucoup de gens pensent qu’être hypocondriaque, c’est souffrir d’un rhume le lundi, d’une lombalgie le mardi, d’une grippe le mercredi, d’une gastro-entérite le jeudi, d’une allergie à l’arachide le vendredi et d’une bronchite le samedi (le dimanche, c’est convalescence nerveuse).

Eh bien pas du tout. Le véritable hypocondriaque est persuadé, par épisodes plus ou moins réguliers, d’être à l’agonie à cause d’une maladie grave. Tenez, moi, par exemple, il y a deux mois, j’ai dû appeler SOS médecins à minuit parce que j’étais en train de faire une crise cardiaque (ne vous moquez pas : après ma tumeur au cerveau suite à de violentes céphalées, c’était normal que mon cœur soit un peu secoué). J’ai survécu mais en ce moment, il semblerait que j’aie un cancer des reins, des ovaires et de la vessie, voire même de la prostate. Dur. Quant aux petites boules qui se sont logées dans mon sein droit, ma gynéco dit que ce sont mes côtes mais s’il y avait des côtes sous les seins, franchement, ça se saurait. Sans compter que cela fait des mois que j’entends partout que le déodorant provoque des maladies graves sur les dites mamelles (tout comme le shampoing industriel, qui donnerait le cancer des cheveux). C’est simple : parfois, j’ai tellement peur de mourir que ça me donne envie de me suicider.

Pour couronner le tout, le régime brocolis – jus de bouleau – eau minérale m’est tout bonnement impossible à adopter : je sais que je devrais boire moins de vin pour m’assurer une meilleure santé mais plus je suis angoissée, plus j’ai envie de dissoudre ma détresse dans l’ivresse. On me conseille de passer à l’eau de Lourdes, qui a fait ses preuves niveau ébriété hallucinogène et guérison (d’un Pierre, deux coups), mais le problème c’est que c’est moins bon, surtout avec le roquefort.

La vie d’un hypocondriaque n’est pas de tout repos (surtout pour son entourage) mais rassurez-vous, je suis loin de creuser le trou de la Sécu. Si, chaque soir, je pleure à chaudes larmes en allant me coucher, j’évite d’aller annoncer la mauvaise nouvelle à mon médecin car je ne voudrais pas l’inquiéter quand la situation est désespérée. Et puis heureusement, les hommes ont inventé des moindres maux permettant de penser à autre chose qu’à la mort qui guette : l’école, le travail et les belles-mères. Et, côté pile, la cuisine et les canistrelli. Lire la suite et voir la recette »

28 janvier 2008

Mini-baguettes maison pour sandwichs du midi

Dans de nombreux milieux, il est de bon ton de mépriser la télévision. Certains affirment qu’elle « exerce un monopole de fait sur la formation des cerveaux » (sur les cerveaux des autres, bien entendu), tandis que d’autres énoncent gravement qu’elle est de gauche quand ils sont de droite, mais de droite quand ils sont de gauche. D’autres, enfin, regrettent amèrement le temps où la télé-réalité n’avait pas encore annoncé l’avènement d’un « fascisme rampant », comme l’écrivait Jérôme Clément dans Le Monde sans s’auto-baffer de honte au moment de la sortie de Loft Story (il est vrai que Jean-Edouard jouant à cache-saucisse* avec Loana dans la piscine d’une villa de la Côte d’Azur, ça fait furieusement penser au nationalisme propagandiste et brutal de Mussolini).

Pourtant, moi, la télévision, j’adore. Elle réserve parfois de purs moments de poésie, comme la semaine dernière, en direct, chez Jean-Luc Delarue.
Alors que l’animateur écoutait attentivement les témoignages de personnes brisées par la disparition d’un proche, quelques remous, si j’ose dire, se sont fait entendre dans le public.

La suite ici :

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* Copyright Janet Evanovich. Lire la suite et voir la recette »

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