9 octobre 2008

Les pieds et paquets de Marseille : l’odyssée de la préparation maison

J’ai vite perçu, dans le numéro de Fureur des Vivres consacré aux plats canailles, l’occasion de me lancer dans une préparation qui m’a toujours beaucoup intimidée : les pieds et paquets de Marseille (que l’on nomme également, ici, « pieds-paquets » en version courte ou « pieds z’et paquets » en version longue). Il s’agit de tripes de mouton ou d’agneau farcies et roulées en « paquets », accompagnées de pieds du même animal et longuement mijotées dans une sauce au vin blanc, à la tomate et aux aromates.

En effet, j’adore les pieds et paquets. Seulement, jusqu’ici, je les achetais chez un bon traiteur. Les tripes, c’est chic (si, si), mais de là à mettre les mains dedans… Reste que je résiste difficilement à une bravade culinaire. Même pas cap’, moi ? A l’heure où la culpabilisation alimentaire n’a jamais été aussi saturée de sommations diététiques, sanitaires et environnementales, j’affirme haut et fort que le goût des abats s’apparente à un engagement culino-politique dont le programme, canaille et frondeur, détient des accents indéniablement séduisants.

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2 juillet 2008

Lentilles beluga façon risotto au citron, aux algues et aux légumes verts

Je suis en pleine phase d’exploration bio-bio, comme l’attestent cette recette snobissime et mes récentes expériences aux huiles essentielles. Or, si biologique n’est pas nécessairement synonyme d’écologique, je suis heureuse de prouver que malgré mon goût instinctif pour l’inavouable, je suis foncièrement et naturellement josébovesque dans l’âme : « le député Vert François de Rugy a demandé de revenir sur l’obligation de porter une cravate dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale pendant l’été, pour réduire la facture de climatisation du Palais-Bourbon et lutter contre l’effet de serre. » (clic).

Et voilà. Quand je disais que j’étais pour l’interdiction des zizis de gorge, certains prenaient cela pour du mauvais goût. Vous avez la preuve, aujourd’hui, qu’il s’agissait au contraire de civisme moralisant et parfaitement écolo (de militantisme environnemental au centre du dispositif d’engagement citoyen, diraient les bien-pensants, bien-ronflants).

Je profite également de l’inhabituelle vague d’austérité qui déferle sur mon blog pour vous signaler que la chasse aux guys est enfin ouverte : cette activité éminemment sportive sera, à mon avis, le hit de l’été.
« GUY = n. m. – 2008 ; pl. guys ; eng. plumber’s assplumber’s crack. 1 Haut du sillon inter-fessier (communément connu sous le nom trivial mais néanmoins évocateur de « raie des fesses »). 2♦ Petit détail fort élégant qui apparaît subrepticement, accompagné d’un string (guy luxe) ou pas, quand le(la) porteur(se) d’un pantalon taille basse se baisse ou s’accroupit. » (copyright www.gareatonguy.com)

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21 juin 2008

Petits artichauts marinés à l’huile d’olive façon antipasti ( »carciofi sott’olio »)

La saison des petits artichauts violets de Provence a commencé et j’en ai trouvé, chez mon maraîcher, à un prix défiant toute concurrence. Après en avoir croqué quelques-uns tout crus comme quand j’étais petite, avec de l’huile d’olive et du sel (artichauts de Proust – voire même artichauts de prout si l’on s’en tient aux effets secondaires de ce légume au demeurant exquis), j’ai fait un test façon « antipasti » : des petits cœurs marinés à l’huile d’olive et aux aromates, délicieusement tendres et parfumés.

Cette recette aux accents italiens m’a semblé idéale pour participer au jeu organisé par Gracianne et Estèbe, « Du groove dans la marmite« . Je vous rappelle en effet qu’il s’agissait de cuisiner en musique (n’y voyez aucune allusion aux artichauts de prout sus-cités) en vue de la fête du 21 juin.

Ce défi original ne m’a pas paru difficile car je cuisine tout le temps en compagnie d’un verre de pinard et d’un morceau de zique. Le véritable problème, ça a été pour le choix de la chanson. En effet, en raison de ma culture musicale très pointue, j’ai longuement hésité entre Eros Ramazzoti (que j’imite fort bien), Dalida et Andrea Bocelli. J’ai finalement choisi un grand moment de la chanson des années quatre-vingt que vous saurez apprécier, je l’espère, à sa juste valeur (ainsi que la chorégraphie)* :

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18 juin 2008

Caviar d’aubergines léger à la ricotta et au cumin

La semaine dernière, Jean-Luc Petitrenaud était invité, avec sa fille, dans une émission de Mireille Dumas. Plusieurs personnes m’ont parlé avec enthousiasme de sa prestation, si bien que j’ai essayé d’en retrouver les extraits, hélas sans succès. C’est dommage, car j’ai toujours adoré les « escapades gourmandes » de ce chroniqueur hors normes. Origines bigourdanes obligent, je me souviens particulièrement d’un voyage pyrénéen durant lequel il dégustait, avec une joie débordante, des œufs à la ventrèche préparés à la cheminée dans une auberge du col de Hautacam. Un peu plus tôt, il avait rencontré le chef du restaurant « Le Viscos », à Saint-Savin.

Pourquoi ces exemples ? Parce qu’ils représentent exactement la cuisine telle que je la conçois : joyeuse, curieuse, éclectique, un peu dingo sur les bords et, surtout, jamais pontifiante. Les véritables gourmands, ceux qui aiment le plaisir et non le décorum, savent bien que loin de s’opposer, toutes les cuisines peuvent (doivent ?) se nourrir les unes des autres. Cuisine étoilée et cuisine des familles. Restaurant de palace et brasserie populaire. Ris de veau truffé et pied de porc pané. Pastilla et pizza. C’est la « connaissance jubilatoire » dont parle si bien Thierry Fabre, le « gai savoir » qui doit être raisonné mais qui s’accommode terriblement mal de fermeture et de certitudes (sauf une, bien entendu : les asperges et les épinards en conserve devraient être interdits par la loi et passibles de prison ferme, tout comme le fard à paupières mauve et les pantacourts, ne plaisantons pas avec ces choses-là).

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17 juin 2008

Huile aromatisée « minute » aux huiles essentielles de basilic et de citron

Il y a trois ou quatre ans, le bio, ça me faisait doucement rigoler. Je considérais les acharnés du « 100 % naturel » comme des nostalgiques de Woodstock à raie au milieu, peu portés sur l’épilation des aisselles et politiquement opposés à l’utilisation de déodorant. Un peu des mormons version sarouel-patchouli, quoi.

Je vous autorise à me jeter des cailloux.

Ou à reconnaître que quand même, des fois, j’avais un peu raison.

Puis les magasins bios ont explosé ; leurs rayons se sont enrichis de centaines de produits et de gammes inconnus jusqu’alors ; l’über-lookée Gwyneth Paltrow s’est mise à se nourrir exclusivement de graines germées et a appelé ses enfants Quinoa Paltrow et Chou-de-Bruxelles Paltrow (ou un truc comme ça en tout cas) ; j’ai découvert et adoré le blog de Clea, qui détient l’immense mérite de faire découvrir une cuisine différente sans jamais se comporter en donneuse de leçons. Sans doute suis-je également devenue moins bête : je honnis les œillères en cuisine, il fallait bien que je me débarrasse des miennes. J’ai donc commencé, timidement, à arpenter les rayons des magasins spécialisés de ma région et à remplir mon chariot d’ingrédients plus bizarres les uns que les autres.

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9 juin 2008

Yaourts maison au sirop d’agave et à l’huile essentielle de citron

Attentive à mon bonheur conjugal et consciente que la cuisine ne constitue pour moi qu’un moyen de draguer Brad, ma copine Estérelle m’a déniché une superbe yaourtière vintage aux puces. Les avantages : des yaourts moins chers et surtout, selon moi, la possibilité de créer des combinaisons et des parfums qui n’existent pas dans le commerce (pour Brad, je songe d’ailleurs sérieusement à un yaourt crème fraîche-lardons-oignons, voire même à un yaourt tartiflette ; je vous rappelle en effet que Brad est un garçon).

Avant de me lancer dans ma parade prénuptiale, j’ai appris par cœur les conseils d’Estérelle sur Marmiton, notamment :

  • Il est préférable de démarrer avec du lait tiède (mais attention, pas trop chaud = environ 40 °C) afin que le yaourt ne soit pas gluant.
  • Pour obtenir des yaourts à la texture ferme, on ajoute du lait en poudre.

Fidèle à mon addiction aux saveurs acidulées, j’ai eu envie de tester immédiatement une recette de yaourt au citron (pas très originale, pour le coup, mais les classiques ont parfois du bon). Hélas, j’ai dû me rendre à l’évidence : le jus d’agrumes ne peut pas être utilisé sous peine de faire tourner et cailler le lait. En règle générale, on fait infuser les zestes d’agrumes dans le lait que l’on filtre ensuite : pfffiouuu, trop long pour de simples yaourts conjugaux.

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