11 mai 2009

Courgettes rondes farcies à la feta, aux olives et à la menthe

Cette recette est issue de Corsaires et casseroles. Recettes salées pour moussaillons gourmands, le livre que Jerôme Estèbe a écrit pour les enfants (vous savez, ces petits organismes polluants) selon une idée simple : oui oui oui, les minots aussi ont des papilles. Résultat : “pas de plats idiots, de desserts gnangnans, de tartes cuculs, de purées planplans”. Providentiel. C’est drôle et plein de verve, comme d’hab’ dans le blog du Monsieur, et c’est joliment illustré par Hélène Becquelin alias Angry Mum.

Malgré mon grand âge, j’y ai appris des tas de choses utiles. Je pense par exemple à lumineuse idée de laver la vaisselle et de ranger la cuisine au fur et à mesure de la confection de mes petits plats. Brad, ce mufle, a décrété que c’était le livre de l’année et que ses auteurs devraient recevoir le Prix Nobel de la Paix des Ménages. Moi, je le trouve gonflé de me faire passer pour une marmitonne négligée : je lui ai toujours demandé de ranger pendant que je cuisinais.

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23 avril 2009

Poires Belle-Hélène express au micro-ondes

Nous vivons une époque formidable. Un député “écologiste” souhaite diminuer les allocations versées aux familles à partir de leur troisième enfant parce que voyez-vous, mesdames et mesdames, un enfant, ça pollue : selon les calculs (hautement scientifiques) réalisés par notre alter-représentant un soir d’overdose de graines germées de pavot, un mouflet occasionne un “coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York”. Quand je vous disais que l’avenir de la planète, c’était l’abstinence sexuelle écolo-papale, je ne savais pas encore que j’avais les compétences requises pour me présenter au parlement.

Reste bien sûr le problème de ceux qui auraient déjà un troisième enfant, un “tchernokid“, en somme. Je leur suggère généreusement d’opérer à un tri sélectif, comme en Chine, mais avec une green touch supplémentaire pour rester dans l’air du temps : qu’ils jettent le plus gros.

En effet, selon des chercheurs anglais, les personnes en surpoids seraient responsables de l’émission d’une tonne de CO2 par an de plus que les minces (coût supplémentaire côté transports, production et acheminement de la nourriture). Évidemment, il reste à définir à partir de quel poids on est considéré comme gros (espérons que la limite sera fixée par l’Association Amicale des Amateurs d’Andouillette Authentique et non pas par le collectif des rédactrices en chef de la presse féminine).

Par contre, j’avoue que je ne sais pas quelle couleur de poubelle correspond aux corps humains, je suis nulle en tri sélectif.

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14 avril 2009

Riz au lait de Latifa Bennani-Smires

La cuisine marocaine de Latifa Bennani-Smires*, publié pour la première fois en 1970, a bercé toute mon enfance culinaire. L’exemplaire familial, jauni, écorné et maintes fois annoté, date de plusieurs années avant ma naissance. Base indispensable qui complétait le savoir empirique de mes ailleules paternelles, il a permis à ma mère, Bigourdane pur-jus venue rejoindre et aimer la Méditerranée, d’apprendre à maîtriser avec brio les secrets délicats de la cuisine marocaine.

Or, le riz au lait reste l’une des rémanences gourmandes les plus vivantes de mon “vert paradis des amours enfantines”. Je ne peux pas en goûter une bouchée sans laisser ma mémoire vagabonder dans l’immeuble où une bonne partie de la famille avait élu domicile, partageant un quotidien simple, joyeux et ponctué par les demandes d’oignons ou de cumin qui fusaient régulièrement d’un étage à l’autre. Gourmand impénitent qui se serait nourri exclusivement de sucre (et de fèves) si son épouse l’avait laissé faire, le papi raffolait de ce dessert simple et quasi universel. C’est l’une des premières recettes que j’ai préparées seule, sans jamais réussir à ne pas napper la table de cuisson de lait bouilli malencontreusement oublié sur le feu.

Je prends comme base la recette de Latifa Bennani-Smires que j’ai adaptée au fil du temps, en réduisant les quantités gargantuesques et en ajoutant de la vanille et des zestes de citron.

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28 mars 2009

Un peu de sexo-catéchisme pour le week-end ?

Je suis consciente qu’avec deux messages en deux jours, je risque de me fouler une main, mais j’ai le clavier qui démange et ça ne concerne même pas la cuisine.

Au mois de janvier dernier, je commençais 2009 en ronchonnant contre les préceptes environnementaux des nouveaux culinapôtres et je ponctuais ma mauvaise humeur par cette citation : “L’écologie a remplacé la religion qui nous avait culpabilisés avec le péché originel.” (Bien manger : vrais et faux dangers de Jean-Marie Bourre - Odile Jacob, 2008).

Pourtant, j’étais loin de me douter que je tomberais cette semaine, dans le site du magazine Elle, sur un article au titre éloquent : “Et si l’on se mettait au sexe écolo ?“. Il s’agit de l’interview d’un certain Marc Dannam, auteur d’un ouvrage intitulé Osez… le sexe écolo (à méditer pour ceux qui croyaient que l’industrie de l’environnement et du bio était tenue par des Bisounours dépourvus d’appât du gain et de racolage à deux balles). Mesdames et Mesdames, voici donc, pour vous, un résumé de ses conseils pour être sexorthodoxe :

  • Ne prenez pas de douche coquine à deux et ne batifolez surtout pas dans votre jacuzzi (tout le monde possède un jacuzzi, c’est bien connu) (qui a dit que l’hystérie verte était vraiment un truc de riches ?), mais “faites l’amour la journée ou dans le noir”. À la limite, “éclairez-vous avec des bougies en stéarine naturelle” (pfiiouu, j’ai des vapeurs devant tant d’érotisme et de spontanéité).

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27 mars 2009

Pesto de sauge fraîche au parmesan

Certains parents rêvent que leur enfant devienne médecin, avocat, Zinedine Zidane ou encore Paul Bocuse. Dès le collège commence ainsi le temps effroyable du choix de l’orientation. Ici, tout ceci est d’ores et déjà réglé puisque Brad et moi avons trouvé, en regardant le Grand Journal de Canal+ hier soir, les études de rêve pour notre progéniture : un stage au sein de la vénérable École Française de Pizzaoïolo.

Quelle satisfaction, mes amis ! Je crois vous avoir précisé qu’à Marseille, la “pizze” (à prononcer pizzeuh) est une institution, notamment à travers l’incontournable moit’-moit’ (moitié fromage, moitié anchois – souvenez-vous : Frédéric Sailer y consacrait une page entière dans son amusant Goût des Marseillais). Je vous avais également raconté que les emplacements de camions de pizzas y sont en nombre limité, s’arrachent à prix d’or et sont gérés par un “conseiller municipal délégué aux emplacements de camions de pizzas” (lol). Bref, la Marseillaise que je suis ne peut qu’être enthousiasmée par cette filière de formation originale qui nous assurera pizzas gratuites et obésité béate pour nos vieux jours.

Et puis avec un peu de chance et beaucoup de travail, notre minot deviendra peut-être champion du monde de pizza acrobatique, qui sait ? En tout cas, j’ai eu une idée de spécialité originale pour sa future pizzeria au feu de bois : la pizze au pesto de sauge (pâte à pizza maison, fine couche de pesto, tranches de tomates et mozzarella de bufflonne). Sympa, la génitrice.

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24 février 2009

Poulet à l’ananas en sauce aigre-douce comme au restaurant

J’avoue : il y a quelques mois, influencée par l’impérialisme robuste de la junk food made in China, j’ai acheté une préparation pour porc aigre-doux toute faite à l’épicerie asiatique. Ehhhh, oui. A la sortie du magasin, des bo-bios portant des sarouels en coton équitable et des colliers d’ambre me jetaient des cailloux (une époque difficile, mesdames et mesdames).

Or, après test de la préparation, je devais me rendre à l’évidence : passable mais surtout remplie de conservateurs, additifs, E 312 et Lao-tsait quoi d’autre.

Depuis, effrayée par les informations apocalyptiques quotidiennes sur les méfaits des modes de vie modernes, j’ai décidé de partir vivre dans une forêt sauvage sud-américaine (j’ai quand même le Wi-Fi bien que celui-ci donne le cancer de la tête) et j’ai cherché à préparer ma propre recette. C’est grâce à Tuyau de Poêle que j’ai trouvé mon bonheur, en adaptant quelques ingrédients pour coller parfaitement à mes goûts. Résultat : une sauce vraiment délicieuse ET cochonneries-free (bah oui, j’utilise du ketchup et du bouillon bio, ainsi que du poulet fermier).

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