Canistrelli à l’anis et à la farine de châtaignes
Beaucoup de gens pensent qu’être hypocondriaque, c’est souffrir d’un rhume le lundi, d’une lombalgie le mardi, d’une grippe le mercredi, d’une gastro-entérite le jeudi, d’une allergie à l’arachide le vendredi et d’une bronchite le samedi (le dimanche, c’est convalescence nerveuse).
Eh bien pas du tout. Le véritable hypocondriaque est persuadé, par épisodes plus ou moins réguliers, d’être à l’agonie à cause d’une maladie grave. Tenez, moi, par exemple, il y a deux mois, j’ai dû appeler SOS médecins à minuit parce que j’étais en train de faire une crise cardiaque (ne vous moquez pas : après ma tumeur au cerveau suite à de violentes céphalées, c’était normal que mon cœur soit un peu secoué). J’ai survécu mais en ce moment, il semblerait que j’aie un cancer des reins, des ovaires et de la vessie, voire même de la prostate. Dur. Quant aux petites boules qui se sont logées dans mon sein droit, ma gynéco dit que ce sont mes côtes mais s’il y avait des côtes sous les seins, franchement, ça se saurait. Sans compter que cela fait des mois que j’entends partout que le déodorant provoque des maladies graves sur les nénés (tout comme le shampoing industriel, qui donnerait le cancer des cheveux).
Pour couronner le tout, le régime brocolis - jus de bouleau - eau minérale m’est tout bonnement impossible à adopter : je sais que je devrais boire moins de vin pour m’assurer une meilleure santé mais plus je suis angoissée, plus j’ai envie de dissoudre ma détresse dans l’ivresse. On me conseille de passer à l’eau de Lourdes, qui a fait ses preuves niveau ébriété hallucinogène et guérison (d’un Pierre, deux coups), mais le problème c’est que c’est moins bon, surtout avec le roquefort.
La vie d’un hypocondriaque n’est pas de tout repos (surtout pour son entourage) mais rassurez-vous, je suis loin de creuser le trou de la Sécu. Si, chaque soir, je pleure à chaudes larmes en allant me coucher, j’évite d’aller annoncer la mauvaise nouvelle à mon médecin car je ne voudrais pas l’inquiéter quand la situation est désespérée. Et puis heureusement, les hommes ont inventé des moindres maux permettant de penser à autre chose qu’à la mort qui guette : l’école, le travail et les belles-mères. Et, côté pile, la cuisine et les canistrelli.
***
Canistrelli à l’anis et à la farine de châtaignes
J’avais envie, depuis quelques temps, d’essayer de préparer des canistrelli, ces gâteaux secs que l’on déguste traditionnellement dans toutes les maisons corses. Ils sont généralement préparés avec du vin blanc et on peut les parfumer à sa guise. Sur la base d’une recette de Jeanne sur Marmiton, j’ai ajouté de la farine de châtaignes pour l’effet José Bové et surtout pour le petit goût rustique qu’elle apporte, du pastis et des graines de fenouil pour le goût anisé, de l’huile d’olive pour le goût de Méditerranée et des zestes de citron parce que c’est l’une de mes saveurs préférées.
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 30 minutes
- 125 g de farine de blé t45 ou t55 (farine classique de supermarché)
- 125 g de farine de châtaignes (en magasins bios)
- 80 g d’huile d’olive fruitée
- 90 g de sucre semoule
- 2 sachets de sucre vanillé
- 85 g de vin blanc
- 10 g de pastis
- 2 cuillères à soupe de graines de fenouil
- les zestes d’1 citron non traité
- 1 cuillère à café de levure chimique
- 1 petite pincée de sel
Préchauffez votre four à 180 °C.
Mélangez tous les ingrédients secs (y compris les zestes) puis ajoutez les huiles, le vin et le pastis. Mélangez de manière à obtenir une pâte homogène.
Farinez un plan de travail et étalez la pâte sur une épaisseur de 1 cm au maximum.
Avec un couteau, découpez des losanges et déposez-les sur une grille recouverte de papier sulfurisé.
Enfournez pendant 15 minutes puis baissez la température à 150 °C et laissez cuire 15 minutes supplémentaires.
Laissez refroidir avant de déguster.
Variantes :
La recette des canistrelli est tellement basique qu’elle peut donner libre cours à toutes les créativités gourmandes. N’hésitez pas à préparer du sur-mesure, en fonction de vos goûts et en vous inspirant, par exemple, des variantes suivantes :
- Remplacez le sucre par du miel de châtaignes.
- Si vous ne raffolez pas du goût rustique et marqué de la farine de châtaignes, réduisez la quantité ou optez pour une version 100% farine de blé.
- Utilisez une huile neutre si vous n’aimez pas le goût de l’huile d’olive.
- En fonction de vos goûts, remplacez le pastis par du jus d’agrumes (pourquoi pas de clémentines corses ?) ou par du vin blanc.
- Vous pouvez également remplacer les graines de fenouil par des noisettes, des amandes hachées ou des morceaux de figue séchée (pas par du figatelli, en revanche).




tu donnes les variantes mais ne nous dis pas ce que tu as pensé des tiens finalement : c’était bon ?
canistrelli, figatelli, lonzo, le veau rouge.. Vive la cuisine Corse! ma maman te remercie d’avance pour les petits gâteaux que je vais lui faire grâce à ta recette
Excellente analyse de l’hypocondriaque : il doit s’occuper …et surtout ne pas penser. La cuisine est effectivement un bon remède!
> Lorette, je les ai adorés.
Oh la la va falloir que je te prenne en main moi point de vue santé je précise car pour le reste ta recette elle est top j’adore le coup des variantes…. a chacun ses choix ! quelle liberté ! Allez ça s’arrose y a rien de tel pour retrouver une santé florissante
Haaaaaaaan comme c’est beau, ça a l’air tout craquant/sablé.
Perso j’adore l’anis dans la cuisine, mais je suis malheureusement la seule dans la maison…
Etant la cuisinière parfois je triche en intégrant des ingrédients que mes hommes sont censés pas aimer et ça passe.. mais l’anis ou le fenouil ont un gout tellement particulier que c’est dur à planquer.
Bref, un comm’ de 500 lignes pour dire que ouiiiinnnn je me ferais bien des petits gatals à l’anis moi z’aussi.
Cette recette m’intéresse bien. En plus elle est végétalienne, je n’aurai rien à transformer.
Avec tout ce que tu as comme maladies, je ne vois qu’un seul remède… envoie ton médecin chez le psy et surtout ouvre une bonne bouteille… tu as le choix, autant que pour les maladies. Bon, je sais, le cancer des cheveux, ce n’est pas facille à soigner mais, les côtes, tu peux en enlever une ou deux, ça ne gêne pas du tout et puis au moins, quand tu rigoles, ça te fait moins mal!
le problème avec les hypocondriaques, c’est qu’ils adorent manger pour combler leurs angoisses d’hypocondriaque … Ben oui.
J’adore les petits clins d’oeil du hasard : j’ai cherché hier sur Marmiton la recette de canistrelli que j’avais utilisée, il y a deux ans de cela. Et avant-hier, je m’étais (une nouvelle fois) demandée comment je pourrais bien utiliser la farine de châtaigne que j’avais achetée, sachant que le pain m’avait déçue… Merci, Anaïk ! :-)
Les canistrelli, je m’en gave à chaque séjour en Corse ! Farine de châtaigne et anis pour les parfumer, un délice !
J’adore et les recettes et les ptis billets qui vont bien avec! Et c’est peut être cynique de dire ça (quoiqu’en connaissance de cause je sais que l’hypocondriaque a souvent une bonne dose d’autodérision..on est pas fous! au cas où ça jouerait positivement sur le métabolisme…) mais j’ajouterais: prudence! les ondes de l’ordi pourraient provoquer un cancer du système oculaire et une arthrite prématurée des doigts!!..Alors les bloggueuses étant les premières victimes: en t’exposant, Anaik, tu es une héroïne!!
Je garde un souvenir ému des canistrellis corses ! je ne suis pas fan de la farine de châtaignes mais les graines de fenouil, je dis oh oui oh oui oh oui !
MDR, pour les coups de sangs hypocondriaques, je te recommande le chocolat noir avec des noisettes grillées entières. ça guérit tout. En tout cas ça a guérit “ma crise cardiaque, mon cancer du sein et mon cancer du colon”. Tiens je n’avais pas pensé au cancer des ovaires et de l’utérus … faut que j’appelle ma gynécologue, là tout de suite ;-D
Mince, les shampoings industriels, t’es sure? Tu n’as pas une recette de shampoing bio maison par hasard?
attention à la qualité de la farine !! avec tout ce qui peut y avoir dedans comme pesticides,tu pourrais bien attraper ..1/.la varicelle 2/le cancer des phalanges… Enfin je dis ça, je dis rien
Dans tous les cas après ces gateaux, c’est sur, c’est l’anorexie post pandriale !!
bienvenue au club des hypocondriaques endurcis. Tu es un cran au dessus de moi car je n’ai encore jamais du appeler les secours. En quelques années,j’ai du choper 6 fois le sida, quelques cancers aussi bizzaroides qu’angoissants et bien evidemment, toute la panoplie pneumonie, grippe, appendicite et autres décollement de la plevre, epanchement de synovie et maladie de Crohn. Voila, rien a faire contre cela, prendre le parti d’en rire avec mon médecin qui m’a malgré tout prescrit des petites pilules de sulpiride. Pour le reste je mange comme 4, je bois comme 2 et je cours tout seul !!!!! Bon sympa tes canistrelli
je vais essayer la recette des ce soir si ma santé le permets !!!! Reste a trouver de la farine de chataignes…
Un court instant j’ai cru que tu parlais de moi… mais je crois avoir trouvré le “remède”.. j’ai un homme à la maison qui me sert après chaque “crise”..et sur un ton très compatissant voir sincère : « t’inquiètes pas si tu meurs… j’en trouverait bien une autre qui s’occupera de tes enfants aussi bien que toi »…. Et bien crois-moi… ça soigne !!!!
Quant à moi je vais me soigner en testant tes biscuits mais sans la farine de châtaigne… trop sain pour moi !!!
Anaïk, tu sais que tu devrais être remboursée par la sécurité sociale, tellement tu as le don de guérir tous mes maux (contrairement à l’eau de Lourdes qui n’est d’aucune efficacité). Comment ça, on ne peut pas rembourser quelque chose qui est gratuit, comme les passages sur ton blog ? Eh bien dans ce cas là, tu devrais te faire payer par la sécurité sociale.
arrrrr mdr mdr mdr je suis pliée, j’arrive même plus à lire la recette
Dire que je suis à moitié corse et que j’ai jamais mangé de canistrelli, tu m’en feras quand je viendrai ?
Délicieux ces gâteux!
Comme je n’avais ni vin blanc ni citron, j’avais utilisé du limoncello et du pastis, ça fait un peu fond de placards mais avec l’huile d’olive et l’anis (absence de fenouil, mais j’ai toujours de l’anis) c’était très parfumé!
J’aime beaucoup tes recettes rapides, car on peut (se)faire plaisir sans y passer la soirée! Merci.
Je me sens un peu moins seule d’un coup… Je suis moi aussi une vraie de vraie hypocondriaque et plus c’est grave… plus c’est désespéré… plus c’est pour moi!! Moi non plus je ne contribue pas au trou de la sécu, mais harcèle mon pauvre papa (qui est également mon médecin) à toute heure et en toute circonstance… : ce ganglion dans la gorge ne serait ce pas un cancer ?? ces troubles de la vision une maladie dégénérative ??… et ce tremblement… la maladie de Crosfeld Jacob ?? Aïe Aïe… C’est dur la vie hypocondriaque!!
Comment tu fais pour arriver à cuisiner de si belles et bonnes choses? Faudrait peut-être que je me trouve quelques maladies…
Bizarrement, mon hypocondriaque romain oublie toutes ses douleurs et ses maladies potentielles quand une sucrerie se pointe… alors en effet tes canistrelli sont une succulente idée! merci ;-)
Chataîgne et anis, l’association fatale bonne
Ben pourquoi qu’on ferait pas des canistrelli au figatelli? suffit de pas mettre de sucre, ni d’anis (beurk, autant j’aime le jaune et le pastaga, autant en cuisine l’anis me fait fuir); avec quelques éclats de noisettes…
Moi aussi la semaine dernière j’avais un cancer des ovaires et de j’sais pas quoi, mais comme je pétais et rotais (c’est autorisé d’écrire ça sur ce blog, non?) depuis un bon mois, je suis allé voir le médecin. Il m’a diagnostiqué des colites et m’a recommandé de boire moins de café et de thé ; il n’a rien dit à propos du pinard : à la tienne Anaïk!
Oh oui ! Les canistrelli au vin blanc et à l’anis çà me rapelle les vacances. C’est une bonne idée de remplacer l’anis par du fenouil, à tester…