10 mai 2007

Risotto au lait de coco, au curry et aux noix de Saint-Jacques

Je sais, je sais, je risque d’aller en enfer parce que j’ai cuisiné des noix de Saint-Jacques surgelées, hors saison. Nos sociétés occidentales adorant par dessus tout se vautrer dans la culpabilité alimentaire (et dans la culpabilité tout court, d’ailleurs), je promets de réciter chaque jour dix « Je vous salue Marie » (qui a dit « Marie surgelés » ?), à l’aide d’un chapelet de saucissons secs, jusqu’à ce que ma conscience soit soulagée de ce crime odieux.

J’essaie généralement de cuisiner des produits de saison mais, dans la nuit de samedi à dimanche, Brad a eu une illumination soudaine : au réveil, il avait décidé non pas de me demander en mariage, cet ingrat, mais de casser les murs de notre appartement, de changer tous les carreaux (oui, tous) et de repeindre les murs. Autant vous dire que nous vivons actuellement à Beyrouth (1980).

Hier soir, sur les rotules, démoralisée et couverte de gravats, j’ai eu envie de manger autre chose qu’une pizza, une pizza ou une pizza. J’ai donc fouillé dans mon congélateur et dans mes cartons (car tout le contenu de ma cuisine est dans des cartons), j’ai sorti deux casseroles et j’ai préparé ce petit risotto original et savoureux. Et je me suis dit qu’après tout, en enfer, j’aurais plus de chances de boire quelques scotchs on the rocks avec Jim Morrison et Serge Gainsbourg qu’au paradis, où on doit quand même sacrément s’emmerder (seul problème : je ne sais pas encore où Pierre Bourdieu a été affecté ; c’est gênant).

***

Risotto au lait de coco, au curry et aux noix de Saint-Jacques

  • 300 g de riz pour risotto (par exemple Arborio)
  • 1,25 l de bouillon de volaille
  • 2 oignons
  • 2 tiges de citronnelle
  • 2 bonnes cc de curry en poudre
  • 20 cl de lait de coco
  • 2 citrons verts
  • quelques légumes verts cuits mais croquants (pour ma part : mélange Picard petits pois, pois gourmands, brocolis, épinards)
  • Noix de Saint-Jacques surgelées (ou fraîches en saison)
  • Huile d’olive
  • 1 pincée de piment fort
  • Sel

Faire décongeler les noix de Saint-Jacques dans du lait tiède.

Dans une casserole, faire chauffer le bouillon de volaille avec la citronnelle, le piment et 1 cc de curry. Le maintenir à petits frémissements.
Faire blondir les oignons émincés dans de l’huile d’olive. Verser le riz en pluie et le laisser cuire 5 mn en tournant sans cesse : il doit être nacré.
Mouiller le riz avec une louche de bouillon.
Attendre qu’il ait absorbé tout le bouillon puis verser une autre louche, et ainsi de suite. Pour que le riz absorbe tout le bouillon, compter environ 25 mn sans cesser de tourner.
Ajouter la moitié du lait de coco, le jus des citrons verts et les légumes verts en mélangeant bien. Couper le feu, couvrir et laisser reposer 5 mn.

Pendant ce temps, poêler rapidement les noix de Saint-Jacques, ajouter le reste du lait de coco et la deuxième cc de curry, saler, laisser mijoter 1 minute, verser sur le risotto et servir avec des tranches de citron vert.

Facultatif : parsemer de coriandre fraîche hachée.

Commentaire(s) pour “Risotto au lait de coco, au curry et aux noix de Saint-Jacques”

  1. Je rêve de Saint-Jacques donc ta recette me fait trop envie!

  2. Coco salé, risotto, Saint Jacques (on a jusqu’au 15 mai… non, tu n’iras pas en enfer! Une Anaïk grillée-rôtie, je n’aimerais pas!), j’adore ta recette et je vais me laisser tenter.

  3. bon courage pour les travaux, et, si ça peut te consoler, dis-toi que dans la dernière ligne droite des préparatifs organiser un mariage peut aussi transformer quelque peu ton appartement… ;o))

    très très sympa la recette !

  4. MEUH non, faut déculpabiliser : par définition, si c’est congelé, c’est que ça a été cueilli en saison et que ça attend sagement depuis au pays des pingouins… Je suis certaine que c’est écologiquement très correct, Picard !

    Sinon, yum yum, ça a l’air bon, même au petit-déjeuner !

  5. Ohh laaaaaaaaaaaaaa! quelle assiette pleine de saveurs, c’ets de la torture pour mon appétit éveillée

  6. Quand on doit supporter des travaux, tout est permis…et surtout de se faire plaisir avec un plat comme celui-là :-)))

  7. Ca y est là … j’ai faimmmm !!

    Ca a l’air délicieux, me voilà « obligée » si si de faire cette recette, de toute façon je suis une sale copieuse je teste souvent tes recettes et même pas honte et même pas je vais réciter une prière et même pas que tu iras en enfer parce que c’est du salut public un tel billet …

    Une question rien à voir, ils n’ont plus de ravioles de Romans en ce moment dans mon supermarket pourri, ça marche avec les minis raviolis frais ta recette ? Je dis ça parce que je suis en manqueeeee !

  8. Ahh les travaux. Je compatis. Mais je vois que tu arrives quand même à faire des petites merveilles.

  9. Tu m’étonnes, moi je veux bien enfiler le bleu de travail pour manger ça… Merci pour cette recette!

  10. T’as bien raison !

  11. Morte de rire, je lis ton article une pizza à la main !

  12. que ca a l’air delicieux

  13. Bourdieu, Bourdieu voyons…..voyons je réfléchis…de toute façon il n’aimait pas le corail des St Jacques lui non plus…..il doit être au purgatoire ! Bon courage avec les cartons y a rien de pire..surtout en revenant d’Espagne !!! ça fait du bien de te relire , je dirais même plus ça me fait trop trop rire!

  14. Violà de quoi te redonner un peu de courage!

  15. Ah je suis mdr! J’ai découvert Bourdieu en corrigeant la thèse d’une amie, j’avoue être restée bouche bée… En effet ça vaut le coup de se renseigner avant de mourir… Mais il paraît que son discours oral est nettement plus abordable que la version écrite, donc c’est rassurant! lol! Cela dit, peut-être que l’enfer pour moi ce serait voisiner avec un Bourdieu muet qui n’a pour s’exprimer que papier et crayon?
    En tout cas, ton risotto me paraît plus que sympa!

  16. tien un risotto aux notes exotiques, j’ai jamais pensé à faire ca moi…coment ca ce fait ??? Mais je note directement la chose et je pense qu’on peut aussi remplacer les CSJ par des crevettes non, histoire d’en laisser à Mamina ;-)

    Belle après midi
    Claude

  17. QUOI? WHAT? WAS? Il a préféré casser la baraque au lieu de te demander en mariage?! Mais il est fou ce Brad! Le ciel lui est tombé sur la tête!!!!!
    N’a t’il pas été envoûté par ton risotto? Parce que faut pas dire, mais j’imagine mal y résister!!! Anaïïïïïïïk, épouse-moi!!! Euh….. j’m'emporte!

  18. chargée de communication d’hildegarde von bingen au septième ciel, je viens te transmettre ses chaleureuses félicitations pour ton chapelet-en-saucisson-sec

  19. Miam ! (ça suffit comme commentaire, ça?)

  20. Je suis impressionnée par le courage de cuisiner après une journée de bricolage : bravo

  21. ç’a l’air magnifique… J’ai vu ta recette ce matin, et je me suis précipitée dans le seul supermarché du coin (Fribourg, Allemagne) qui vende des fruits de mer surgelés, peine perdue. Point de Saint-Jacques. Je crois que ce week-end, je vais me rabattre sur un risotto aux asperges…

  22. vu la photo je pense que l’on peut t’excuser pour le surgelé!!!!!!
    miam

  23. Pourquoi ma femme n’abat elle pas les murs pour que je puisse lui faire (même hors saison) ce si délectable risotto…Il va falloir changer les habitudes…

  24. Après des plats comme celui-là, je ne comprends pas pourquoi il ne t’a pas encore demandé en mariage…mais au moins la cuisine doit être jolie!

  25. très mignonne photo :)
    ce risotto doit il se faire « al onda » ou bien le lait de coco doit il être bien absorbé ?

  26. Les surgelés, c’est justement fait pour être mangé hors saison, je ne vois donc pas où le problème; mais si tu tiens à trouver une raison pour boire un verre avec Gainsbourg (ce que j’ai eu l’immense chance de faire, et pas qu’un), ce serait pour avoir décongelé les CSJ dans du lait, je sais que c’est souvent recommandé, mais je n’ai jamais compris l’intérêt de les gorger de liquide, même pour un risotto (dont je retiens par ailleurs les saveurs exo, c’est bien comme j’aime!)

  27. Antoine, je dirais que « al onda », c’est bien.

    Patrick, je trouve que la décongélation dans le lait les rend plus moelleuses, mais si ça se trouve c’est n’importe quoi, parfois les verres de scotch altèrent mon jugement. A part ça, vu que tu as bu quelques verres avec Gainsbourg, je te dis amen et je te vénère à tout jamais :)

  28. Mon dieux que tu m’as donné faim

  29. Tu veux rire, mais c’est ta place au paradis que tu viens de gagner là (euh t’es vraiment sûre que tu veux passer l’éternité avec Jim Morisson et Serge Gainsbourg? :-D). Cuisiner en plein travaux, mais tu mérites d’être canonisée! Je ne sais pas ce qu’ont les gens contre les surgelés vu que les produits gardent souvent mieux ainsi leurs propriétés (vitamines etc) et respectent mieux les normes d’hygiène (poisson traité directement sur le bateau-frigo par des gens engantés et enchapeautés) que dans les marchés. Ce qui est infect (en général)ce sont les surgelés préparés (avec beurk des agents conservateurs et des exhausteurs de goût: mes enfants n’en veulent pas par exemple. Merdum, cela aurait été plus simple :-D)

    Ce risotto m’a l’air excellent. J’adore tout ce qui fait un peu Thaï. Personnellement j’enlèverais les corails dont je ne suis pas fan.

  30. Ta version de risotto au lait de coco salé est très appétissante. Je note ta recette.
    Bonne journée, Doria

  31. Si tu te poses des questions sur l’enfer et le paradis, va sur ce blog:
    http://dieu.mabulle.biz/

    Je suis sûre qu’il t’éclairera!
    Tu m’en diras des nouvelles!

  32. Ahhh, Anaïk, tes billets me manquaient. Dis-moi, je ne comprends pas pourquoi Brad ne t’a toujours pas demandé en mariage. Non, parce que, je ne sais pas si il en trouvera d’autres à épouser qui lui fasse un tel risotto alors qu’il a mis le bocson dans la cuisine. Enfin, ce que je dis…

  33. Un moine arrive au Paradis et passe sa première journée à batifoler. Le soir venu il se rend compte que la cantine du Paradis est commune avec celle de l’Enfer. Il voit toutes la tablée de démons ripailler tandis que lui n’a droit qu’à une boite de sardine.
    Plusieurs jours passent. Tous les soirs les damnés se régalent tandis que lui n’a droit qu’à une boite de sardines.
    Finalement, il attrape le cuisinier pour demander réclamation et lui dit « C’est injuste! moi qui suis le plus vertueux des hommes je n’ai droit qu’à de la sardine alors que les tueurs et les malfrats mangent comme des rois! »
    « Ah, mais monsieur, lui répond le cuisinier, c’est que ça n’en vaut pas la peine de cuisiner pour une seule personne. »

  34. Elles sont très bien mis en valeur ces noix de st jacques (magnifique corail d’ailleurs) ! Je vois le mélange de legumes Picard dont tu parles, trop trop bon au naturel… alors dans un tel plat, je n’ose pas imaginer

  35. Cette recette est à se damner !!!! Pas de scrupule !!! Je l’imprime et elle finira dans mon assiette d’ici peu dse temps ;o)

  36. sublime, sensas!

  37. Même abscons et criticable, Bourdieu reste quand même incontournable, non? Le risotto, j’ai toujours la flemme mais peut-être bien que je vais me laisser séduire par ta recette asiatisante, d’autant plus qu’au congélo, j’ai des coquilles SJ et des asperges vertes, qui feraient aussi l’affaire. Mmm! Je sens que ça va être pour ce soir.

  38. Tout à fait d’accord avec nath kattut. Je crois qu’il y en a qui ne connaissent pas leur chance.

  39. Une recette très appétissante, ça donne très envie..

  40. humm miam miam cette recette

  41. dans les mois à venir, prévoir de revisiter ton index de fond en comble pour y faire mes courses :)
    terrible ! Beyrouth ça t’inspire !!!!

  42. T’inquiete, moi je congèle mes coquilles St Jacques venues directement de la Baie de Seine et j’en mange toute l’année!! Au moins, je sais d’où ellse viennent

  43. Rhaaaaaaaaaa…! Luxe, calme et volupté… :-)

  44. Bonjour,

    je viens trouver ceci sur un site de vente en ligne de Toulouse, je pense que ça pourrait te plaire… http://www.tlse.com/tee-shirts-toulouse-31/FR/produit_id_148/accessoires-sac-cabas.html

  45. Bravo pour cette recette, j’ai beaucoup aimé. Quant à l’Homme il a simplement dit « Mais, t’en as fais que pour 2 ? j’en aurai bien pris plus… ».
    Ben voyons… Très jolie photo aussi ;-)

  46. Oh là là là là… Miam, miam et remiam !

  47. Un petit mot pour dire que j’ai testé ce soir,et que pour une fois j’ai impressionné mon homme ( sur la plan culinaire j’entends)
    Merci

  48. waouh geniale l’idée…moi qui adore le risotto, en voici un bien sympa…je retiens

  49. Cette recette a l’air tout simplement fabuleuse !

  50. Testé ce midi, verdict : délicieux! Merci!

  51. [...] suis tombée sur une recette là, ce qui m’a emmené là, j’ai donc décidé de faire àun mix des [...]

  52. La recette avait l’air joliment imaginée, et le principe du risotto au curry et saint jacques une valeur sûre. Bref, une invitation à se mettre aux fourneaux illico presto. Mais la photo ne paraissait pas à la hauteur, et l’idée de présenter le tout mélangé dans un saladier genre tambouille rustique d’au-delà des âges ne faisait guère friser l’oeil du gourmet. Il y a des fois, malgré tout, où l’on lance : le blog est sympathique, l’auteur a du goût. Alors, banco! L’on a suivi les étapes de la formule pour ce plat aux allures bien boutonnées. Eh bien, disons-le : la ribambelle de compliments est clairement justifiée. Car cette recette est tout simplement magique. L’onctuosité crémeuse du riz arborio joliment parfumée avec son bouillon se mêle à tomber avec le croquant des légumes verts que raidi comme un trait l’acidité de la citronnelle et compensée malicieusement par la pointe de piment. Le tout évidemment surmontée de saint-jacques revenues au vif pour leur donner le côté un peu craquelant en surface, mais dont le coeur demeure nacré et subtilement doux au palais. Bref, un régal d’avoir dans son assiette un risotto mêlant adroitement les textures et les saveurs. Côté présentation, j’ai toutefois un peu modifié les choses : les légumes surgelés picard réveillés au panier vapeur au-dessus du bouillon supportent très bien de n’être qu’intégrés à la préparation au moment de dresser, sans avoir à être touillés au riz. Quant aux coquilles, elles se subliments très bien par elles-mêmes, sans autres ingrédients à rajouter dans la poîle. Ces parfums n’ont pas besoin d’être mélangés : la bouche du convive s’en chargera. Le riz présenté en timbale sur une assiette, les légumes verts un peu au-dessus et, dans un effet de superposition, les saint-jacques posées sur le tout, comme une coronne. Alors, là, je dis simplement bravo. A servir avec la bouteille d’un blanc subtilement charnu mais droit et graphique. Ce mets hautement ficelé aux allures de modernité n’aurait pas échappé aux délices du maître de la Distinction. Anaik, vous êtes une reine.

  53. > Merci pour ce retour très positif ! En effet la photo est immonde, c’était du bricolage adapté aux gravats et aux ustensiles accessibles dans mon appart à ce moment là. Il faudrait que j’en reprenne une.

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