18 octobre 2006

La capitale (3) : restaurant Le Pré Verre et bloganniversaire

Vendredi matin, il faisait un temps magnifique à Paris. Nous étions aux Invalides et nous avons eu envie de déjeuner dans un bistrot dont nous avions entendu dire beaucoup de bien : le Pré Verre, dans le Quartier latin. Nous avons décidé de nous y rendre à pied pour nous ouvrir l’appétit.

Comme nous nous trouvions sur les quais de la Seine et que le soleil brillait, j’ai pensé que Brad allait se mettre à genoux, m’offrir une bague en diamants et me dire : “Oh, prunelle de mes yeux, astre de mes jours, qui cuisine mieux que ma mère, veux-tu que nous scellions notre affection devant 200 personnes (dont mémé Raymonde et tonton Raoul dit “Jean-Marie”), en robe blanche et zizi de gorge, au rythme entraînant de “à, à, à la queue neuneu” ?”

Je divaguais béatement dans ces rêves empreints d’un romantisme saisissant quand, d’un coup, Brad s’est retourné vers moi et m’a dit : “Putain, c’est à 8000 kilomètres ou quoi, ton truc ?”. J’ai failli tomber dans la Seine.

Revenons donc au Pré Verre. Béa y était aussi la semaine dernière : ne râtez surtout pas ses magnifiques photos, qui rendent légitimement hommage à la qualité de l’assiette. Brad et moi étions sous le charme.
Le chef, Philippe Delacourcelle (lire son interview sur L’Internaute), a œuvré durant quinze ans aux commandes du restaurant Le Clos Morillon. Il a puisé son inspiration dans la culture culinaire de l’Asie (Japon, Malaisie, Singapour) où il a, pendant cinq ans, perfectionné auprès de chefs locaux son savoir-faire dans le maniement des épices. Il a par ailleurs travaillé chez Bernard Loiseau et chez Fauchon. En 2003, il a ouvert le Pré Verre avec son frère Marc et, depuis, le restaurant ne désemplit pas. D’ailleurs, si je vivais à Paris, je pense que je planterais une tente devant l’enseigne (ça tombe bien puisqu’il y a environ 2 millions de magasins “Le Campeur” tout autour).

Philippe Delacourcelle excelle dans une cuisine traditionnelle de bistrot, réinterprétée par des influences asiatiques. La réussite de ce mariage tient, chez lui, à des dosages parfaitement maîtrisés : les épices sont employées d’une manière très subtile sans jamais masquer le goût des produits. Par exemple, le cochon de lait fondant aux épices, chou croquant, parfumé de cannelle et poivre long, est une merveille de subtilité :

Idem pour la compote de légumes à l’oeuf mollet “Ngo Gaï ou roquette vietnamienne, une longue feuille au goût très fin :

Autre qualité de la carte : la délicatesse des mélanges n’empêche pas la force des saveurs, comme me l’a prouvé le rognon de veau au maïs et cacao. J’ai choisi ce plat parce qu’il m’intriguait (je n’avais jamais goûté de cacao dans une recette salée), tout en étant sceptique sur le résultat. Au final, c’est un bouquet explosif qui m’a littéralement emportée :

De même, la hure de cochon grillé aux artichauts était surprenante et incroyablement savoureuse :

En dessert, j’ai été moins enthousiasmée par le fondant de pommes-glace de lait de brebis et par les bananes et mangues rôties au piment d’Espelette, mais c’est sans doute à cause de ma préférence pour le salé, car Brad s’est régalé.

Un seul regret : nous aurions aimé tout goûter tant la carte nous semblait avenante (tête de veau aux radis et tabasco vert, soupe de chataîgne à la badiane, terrine de potimarron au foie gras, colvert au tamarin et topinambours, ragoût de sanglier au coing, truffade de chocolat noir et mélasse glacée, clafoutis de framboises au poivron jaune, …).
Si nous habitions Paris, nous irions l’explorer à volonté car les prix sont vraiment raisonnables : 25,50 € pour le menu entrée-plat-dessert, et 12,50 € tous les midis pour une formule entrée-plat-verre de vin-café (ce jour-là, le chef proposait une belle salade d’endives aux noix et une aumônière de saumon à la citronnelle).

La bonne nouvelle, c’est que Philippe Delacourcelle est l’auteur de plusieurs livres que je m’offrirai le mois prochain, quand mon compte en banque sera remis des effets G. Detou. J’en ai sélectionné trois :

Pour ne rien gâcher, le site Web du restaurant, plutôt bien fait, propose des recettes : magret de canard laqué au four, ou encore “capu china“, un capuccino préparé avec du thé noir et de la poudre de réglisse. La liste des vignerons partenaires du restaurant intéressera sans doute les amateurs de vin.

Restaurant Le Pré Verre
8 rue Thénard, 5e arr. / Tél. : 01.43.54.59.47
Métro Maubert-Mutualité (ou balade au bord de la Seine)

***

Rien à voir mais, aujourd’hui, c’est mon bloganniversaire : j’ai créé “Le confit c’est pas gras” il y a un an, et c’est la meilleure décision que j’ai prise depuis Brad et l’achat de mes couteaux Opinel. Si vous tenez absolument à m’envoyer des cadeaux (Pata Negra, caviar, truffes ou autres modestes gourmandises*), je vous donnerai mon adresse en message privée.
Un immense merci à tous !

* J’accepterai avec plaisir un robot “Chef” de la part de Kenwood, mais avec tous les accessoires sinon ce n’est pas la peine d’insister.

Commentaire(s) pour “La capitale (3) : restaurant Le Pré Verre et bloganniversaire”

  1. Très appétissante la carte de ce resto !! Ca donne envie et les idées d’association d’épices sont sympatiques comme tout.
    Bon blogversaire, pour les cadeaux, je pense que tu peux aussi commencer à écrire au gros monsieur en rouge que tu as été très sage toute l’année et blablabla…

  2. Tes photos sont magnifiques et donnent envie de tout goûter.
    Bon blogniversaire et bonne continuation.

  3. joyeux bloganniversaire zut mince je n’ai plus de caviar et de truffes blanches dans mon placard ….il faudra attendre l’annee prochaine c’est dommage….

  4. Hummm j’aime le romantisme de Brad !
    Comment ne pas succomber ?
    Je note l’adresse du resto.
    J’adore quand je monte à Paris, faire découvrir des restos à mes collègues de la Capitale !

    Brad s’est rattrapé en mettant une bougie sur le coin de ton ordi ? pffff ces hommes !!!

    :-)))

  5. Ce Brad … il est aussi romantique que le barbare croisé sur les champs ? :)))

  6. ce resto Béa et la tartine gourmande en parlait il y a peu, si je ne me trompe pas En voyant la liste des plats défiler, je me disais que ce devait être hors de prix, je suis scotchée: c’est pas cher! admiration sans borne pour toi, heureuse et joyeuse détentrice de ce blog corsé et plus encore pour avoir opté pour les rognons au resto, ça c’est du courage!
    joyeux blog anniv’, bien sur!

  7. Un an que nous nous amusons à te lire, un an déjà! Bon bloganniversaire! Et surtout continue comme ça.

  8. Ca fait longtemps que j’entends parler de ce restaurant, mais ce sont toujours les parisiens qui sortent le moins finalement. Faut vraiment que j’essaie un midi.
    Ca fait donc deja un an que tu nous fais rire? Joyeux bloganniversaire!

  9. Ca aurait été dommage de se noyer et de rater une telle carte, boudiou que ça fait envie!! Un joyeux bloganniversaire à l’ un de mes blogs favoris tant je m’ y marre ;-)

  10. Joyeux blog anniversaire….. 1 an déjà…..

  11. Ca fait plusieurs fois que j’entends parler de ce restau et toujours avec enthousiasme, va vraiment falloir tester !
    Pour ses bouquins, j’ai feuilleté celui sur la cusine à fleur d’épices et il est top !
    Sinon, joyeux Bloganniversaire Anaïk !

  12. Eh ben, un an… Joyeux anniversaire!!… Et alors, la robe blanche, il faut te la souhaiter ou pas?… En tout cas, superbes assiettes, le cacao dans le salé, j’adore…

  13. Je veux vraiment le rencontrer ton Brad, ahaha, La vie intime des hommes et celle des femmes, ;-) quel fosse! Et puis, super zaziversaire pour toi, j’en veux plus, que tu es drole et coquine!

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