20 février 2006

Ripailles parisiennes et exploits sportifs

La semaine dernière, Brad et moi sommes montés à la capitale. Nous n’y avons pas vu Landolfi (il est peut-être mort ?). Comme d’habitude, nous avons été enchantés par cette ville somptueuse que Brad compare à un parc d’attraction géant, bien que la tour Eiffel soit assez minus, comme on le voit sur la photo ci-contre (hin hin). Je pense que nous avons marché environ trois cents kilomètres par jour, ce dont je suis plutôt fière en cette période de Jeux Olympiques. Le problème, c’est que je ne suis pas Michaela Dorfmeister et que ce marathon m’a totalement épuisée. Heureusement, le week-end est terminé et je me suis remise au travail, ça me repose.

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Lors de mon arrivée, j’ai dû me rendre sur les Champs Elysées pour un rendez-vous. J’ai commencé par déjeuner à L’Atelier Renault, où il faisait une chaleur à crever. Mon risotto était bon, bien que très inférieur à celui du restaurant de l’Hôtel des Horlogers, en Suisse. Le repas n’était pas vraiment copieux, mais nous étions sur les Champs au milieu de belles bagnoles : de quoi se la péter quelques instants même si, quand on est une fille, on préfère généralement Zara à Renault.

Mais il était temps d’aller bosser. Afin de me donner du coeur à l’ouvrage, je suis passée chez Ladurée en pensant très fort à Mercotte, la reine du macaron. Je peux donc le confirmer : les macarons Ladurée sont délicieux. J’ai commencé par goûter les parfums citron et framboise, avec l’exquise impression de croquer dans des fruits frais (vous me direz que ça ne sert à rien de cuisiner un macaron si cela ressemble à un fruit frais, mais en fait, si : c’est un gâteau croustillant et moelleux à la fois, avec un goût de fruit vraiment présent). C’est quand même un poil trop sucré pour moi.

Un peu plus tard, je suis allée boire un thé à l’hôtel Lancaster (rue de Berri, à deux pas des Champs), où l’on m’a non seulement servi du thé, mais aussi une part de tarte à la framboise, un petit muffin au chocolat et un bonbon (c’est chouette, les palaces). Après cet intermède professionnel éprouvant, je suis retournée chez Ladurée pour m’offrir un petit remontant, et je dois dire que le macaron au caramel-beurre salé est à la hauteur de sa réputation.

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Changement d’ambiance et de quartier : parmi mes promenades gourmandes, j’ai découvert avec émerveillement l’épicerie Izrael, dans le Marais (30 rue François Miron, 4e arr.). J’avais envie de tout acheter, mais Brad m’a dit qu’il n’était ni un chameau, ni un cargo, ni un riche héritier, et qu’il fallait que je me calme un peu. Paris est un lieu qui pousse à la consommation et, cher banquier, je crois qu’il est sage que je vive en province.

Pour nous rabibocher après cette dispute qui aurait pu être fatale à notre couple (m’empêcher d’acheter 3 kg de pistaches nature, non mais!), nous avons dégusté un shawarma dans la rue des Rosiers. Un rabatteur était placé devant l’entrée du restaurant L’As du Fallafel, nous haranguant sur le trottoir pour que l’on choisisse son établissement. Il a bien fait, parce que c’était très chouette. Dans Marianne, une journaliste affirme que l’on y mange “les meilleurs falafels de Paris” et Gloubiblog en dresse un portrait très sympathique.

Pour en finir avec le Marais, il faut que j’évoque le salon de thé Le Loir dans la théière (3, Rue des Rosiers), un lieu très bobo et plutôt insolite où j’ai dégusté un excellent club sandwich. L’adorable Claude Sarraute y fumait quelques clopes en discutant avec une copine, des touristes s’émerveillaient devant les tartes salées, la gigantesque part de tarte tatin que j’ai goûtée en dessert était très savoureuse.

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Mais ce que je préfère à Paris, ce sont les bistrots et les brasseries. Quand Brad est venu me rejoindre, je suis allée le chercher à la gare et nous avons dîné à La Chopotte (168, rue d’Alésia, 14e arr.) afin de fêter nos retrouvailles (nous ne nous étions pas vus depuis un jour et demi, c’était affreux). J’ai vraiment beaucoup aimé cet endroit simple et chaleureux évoqué ici par Le Fooding. J’y ai dégusté du thon mi-cuit accompagné d’un confit de tomates et de quelques légumes sautés : authentique et savoureux, tout ce que j’aime. Brad, quant à lui, a choisi un filet de boeuf de Salers très fondant, côtoyant une purée faite maison. Pour arroser le tout, nous avions choisi un Bourgogne rouge dont j’ai oublié le nom à la sortie du restaurant (qu’il me pardonne, car c’était sa faute, au Bourgogne). C’était notre coup de coeur gustatif du week-end.

Samedi, flânant à Pigalle et à Montmartre, nous nous sommes arrêtés pour déjeuner chez Un Zèbre à Montmartre (38 rue Lepic, 18e arr.), un bistrot très agréable et sans prétention, où les sashimi de thon, en entrée, baignaient dans une sauce trop sucrée à mon goût. En revanche, mon entrecôte aux échalotes était parfaite et j’étais folle de joie d’être dans ce quartier qui redonne à Paris une dimension humaine. Nous y avons visité deux monuments historiquement incontournables : la Basilique du Sacré-coeur et le Marché Saint-Pierre (Dreyfus), un magasin de tissus qui s’étale sur cinq étages. Défiant Brad et ses histoires de cargos, j’y ai acheté trois toiles cirées aux motifs alimentaires.

Enfin, nous avons parachevé notre parcours touristique en nous rendant, samedi soir, aux abords de la légendaire brasserie Chartier (7 boulevard du Montmartre, 9e arr.), ouverte en 1896 et classée monument historique en 1989. Les personnes faisant la queue étaient nombreuses, mais grâce à l’efficacité du portier qui gérait le troupeau avec habileté, nous n’avons attendu qu’une demi-heure. Arrivés à l’intérieur, la plongée au coeur du Paris du XIXe siècle nous a laissés pantois. Le cadre est véritablement somptueux. Notre voisin de table, un Parisien qui ressemblait à Marius dans “Les Bronzés font du ski”, riait de ses propres blagues en nous racontant sa vie. C’était très drôle et notre ami Popeye était content de retrouver un copain de tournage.

Autre point positif : la carte est variée et réimprimée tous les jours. Elle propose un large choix de plats simples et traditionnels.
J’ai commandé une salade de betteraves, une salade de museau de boeuf en vinaigrette (savoureuse bien que baignant dans l’huile), un avocat sauce crevettes (pas bon du tout) et du crabe à la mayonnaise à la russe (des miettes de crabe, un énorme tas de mayonnaise et de la macédoine de légumes comme à la cantine du collège). Je crois qu’on ne va pas chez Chartier pour la nourriture, mais pour le mythe.

Le problème, c’est que ce mythe nourrit un succès indéniable qui explique sans doute la froideur du service : le Bouillon Chartier est dans tous les guides touristiques, ce qui lui assure une clientèle nombreuse et toujours renouvelée. Vers 22 heures, on nous a fait comprendre de manière fort inélégante que nous avions intérêt à accélérer la cadence. Trois frites, cinq betteraves, un oeuf dur et une crevette dans la bouche, je me suis demandé comment j’allais pouvoir y caler un morceau de selle d’agneau de lait et une pomme de terre sautée sans vomir. L’émulation des J.O., vous dis-je.
Je pense qu’il serait préférable de servir de grandes assiettes où tout serait mélangé : escargots, céleri rémoulade, hareng, andouillette, tête de veau sauce Gribiche, truite, camembert et parfait à la menthe, le tout marinant dans deux centimètres d’huile de tournesol parfumée aux échalotes. Ce serait plus honnête que d’amonceler les plats sur la table en moins de quinze minutes, et à peine moins impoli. Loin d’être le gardien de la tradition de la brasserie française, le Bouillon Chartier m’est surtout apparu comme le champion du folklore touristique. Ceci dit, nous étions très heureux d’y avoir dîné car le lieu vaut vraiment le détour. Le midi, en semaine, il doit être très agréable de venir y déguster ces produits simples pour un prix plus qu’accessible.

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Nous sommes rentrés dimanche soir totalement éreintés par la randonnée et les ripailles. C’était pire que le week-end dernier, quand j’ai fait du vélo dans la colline et que j’ai failli vomir au bout de sept minutes à cause de l’essoufflement. Ce soir, nous avons donc décidé de manger léger en ouvrant une boîte de pâté de porc et le magnifique vin que nous a offert un bienfaiteur de la capitale (ce n’était pas Landolfi) : un Château de Reignac, 2001 (Bordeaux).

Commentaire(s) pour “Ripailles parisiennes et exploits sportifs”

  1. très belle promenade si bien narrée ! je suis de ton avis pour Chartier et Ladurée, le reste je ne connais pas encore, sauf le marché St Pierre, le Sacré Coeur et la tour Eiffel, non mais…..

  2. Je suis allée à Chartier et je garde un souvenir désagréable du côté “usine”. Je trouve que c’est un problème récurrent à Paris, l’accueil est parfois franchement “limite”, car même si on n’est pas content il y a des dizaines de client qui attendent ! J’ai déjà entendu parler du “Loir dans la théière” en bien, cela me conforte dans mon intention d’y passer dès que possible ! Merci pour ce récit revigorant !

  3. chouette chouette chouette ! Ton petit récit touristique me donne envie de faire une montée à la capitale ;-)) Voilà bien longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de faire ça avec mon Brad à moi (depuis l’arrivée de junior et juniorette).
    Bon retour chez toi et savoure tes souvenirs !

  4. Tu n’as rien loupé coté météo ce week end, il a fait un temps pourri à Marseille. Cela dit, ton escapade m’a vraiment fait envie.
    Quand je travaillais à Paris, je poussais le vice jusqu’à organiser des séminaires chez Ladurée! La prochaine fois, arrete toi à la boutique Hermé pour déguster sa version du macaron rose litchi.
    Bises
    sandrine

  5. Remarquable compte-rendu Anaik !
    En revanche si tu repasses par Montmartre sans venir me voir, su seras fouettée, je te préviens ! ;-)

  6. Désolée, Hélène… En plus tu habites à Montmartre ! J’ai bien vu tes réponses au questionnaire des 4 trucs, mais je ne maîtrise pas encore les arrondissements. Nous avons littéralement couru tout le week-end, pour voir un maximum de choses et de personnes. Je te tiens au courant la prochaine fois c’est promis !

  7. Quel week-end!!!
    wouawouawoua!!!!!
    J’ai adoré la lecture, merci !

  8. Ne t’inquiètes pas Anaik, je disais ça en rigolant ;-) Je me doute bien que vous aviez de tonnes de trucs à faire, d’ailleurs il n’y a qu’à lire ton compte-rendu pour s’en convaincre ! ;-)

  9. Ça me rappelle mes 30 années de vie à Paris! Merci! :-)

  10. ah oui, tu as raison puamau, samedi il faisait super beau, même chaud! mais dimanche l’horreur limite grele. Voilà pour le compte rendu météo

  11. ah oui, tu as raison puamau, samedi il faisait super beau, même chaud! mais dimanche l’horreur limite grele. Voilà pour le compte rendu météo

  12. Bon sang, je t’ai donc croisé samedi soir en train de jurer à la sortie de Chartier ? Je suis quelques mètres plus loin, il manquait un digestif à ton descriptif… zut ! Fais moi signe la prochaine fois !!!

  13. D’accord Ester, c’est super gentil ! Donc, si j’ai bien compris, tu viens du Sud vers l’étang de Berre (ce magnifique paradis écologique), mais tu vis dans la ville de Landolfi…

  14. Ton billet m’a donne envie de “monter a Paris”, mais j’y suis deja. Faudrait peut-etre que j’en profite un peu plus…

  15. j’ai adoré ce recit mais , une question m’interroge…
    combien de repas et de gouters a tu fait par jour ?????

    concernant les macarons de Ladurée, ce sont pour moi les meilleurs macarons dans la catégorie “macarons avec les deux biscuits et le fourage du milieu”
    et a chaque fois que je vais à Paris j’en achète !
    Mais dans la catégorie “macaron qui ressemblent à un point de crème chantilly”, mes préférés sont les macarons de Boulay, petite ville de la moselle, qui sont d’un exquis absolu (à decouvrir en fente chez Fauchon a paris, oui oui !!)

    bizzz

  16. Anouchka, ce qui est sûr, c’est que c’était trop !
    Merci pour l’info pour les macarons Boulay, ce sera pour mon prochain séjour…

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