Oursinade idyllique et instructive (attention : billet pornographique)

En Provence, le mois de février offre chaque année de magnifiques journées tièdes et ensoleillées. Alors que pendant les deux mois de plein hiver, je peste littéralement de ne pas vivre à la capitale, je bénis ma chère Méditerranée de février jusqu’à novembre, abandonnant avec bonheur mes projets de déménagement. En ce moment, la lumière est douce et translucide, les terrasses se remplissent de cagoles en t-shirt et le printemps s’annonce avec légèreté.
C’est au mois de février qu’ont lieu les “oursinades” sur la Côte Bleue. Fêtes locales joyeuses et renommées, elles célèbrent chaque année, dans la cohue, ce petit animal marin aussi étrange que savoureux. Les plus connues sont celles de Carry-le-Rouet.
Certains pêcheurs et plongeurs, gourmands mais soucieux d’échapper à la foule, organisent parfois des oursinades privées. Chacun amène à boire et à manger et l’on s’installe sur les rochers pour profiter de ces quelques instants de paradis. Comme nous sommes des veinards, nous avons été conviés dimanche à participer à l’un de ces banquets en plein air. De la petite calanque où nous étions installés, la vue était spectaculaire :

C’est chouette, hein ? Au fond, sur la photo de gauche, on voit Marseille.
Mais tout le monde ne sait peut-être pas ce qu’est un oursin. J’ai donc cherché une définition que j’ai trouvée ici : “Les oursins sont des invertébrés marins appartenant à l’embranchement des échinodermes, du grec ekhinos, « épine » et dermis « derme » ; ils sont de proches parents des concombres de mer et des étoiles de mer. Leur corps sphérique est protégé par une coquille dure ou « test » entièrement recouverte d’épines acérées.” C’est fort intéressant et j’ai appris un nouveau mot, “échinoderme”. On s’en fout, mais ça peut servir au cours d’un entretien professionnel, par exemple.

La plupart sont noirs, mais certains sont très originaux. Admirez la beauté de ceux-ci que j’ai photographiés ci-contre.
Je dis toujours que la nature est mal faite (la chaîne alimentaire, c’est vraiment n’importe quoi), mais il faut reconnaître que niveau couleurs, le big boss s’est bien débrouillé.
Sachez que l’on mange les oursins vivants, comme les huîtres, mais jusqu’ici tout va bien, croyez-moi. Le plus dégueu, c’est que les trucs oranges que l’on déguste avec tant de plaisir, ce sont leurs organes sexuels (là, je dois dire que le big boss s’est plutôt mal démerdé). Tout ceci a beaucoup amusé Brad. Je sens que ceux qui n’avaient jamais goûté les oursins vont m’en vouloir ad vitam eternam de leur avoir révélé cette étrangeté pornographique, mais que voulez-vous, je suis une femme sans tabous. Et encore, vous avez de la chance que je sois bien élevée, parce ce que j’aurais très bien pu parler de l’opportunité de déguster des oursins pour la Saint-Valentin.

Le membre viril (ou féminin) d’un oursin, c’est donc ça (cf. ci-contre).
Or, l’intérieur du mollusque est exclusivement composé de ces coraux et d’un peu de liquide, ce qui me fait dire que la véritable définition d’un oursin, ce n’est pas un “invertébré marin appartenant à l’embranchement
des échinodermes“, mais tout simplement un “sexe entouré d’épines”. Soit la ceinture de chasteté à l’état naturel. Je me demande d’ailleurs comment ils font pour se reproduire, mais je préfère ne pas chercher, allez savoir pourquoi.
Quoi qu’il en soit, une fois que l’on a accepté l’idée de manger un sexe vivant, il faut admettre que le goût de l’oursin est absolument divin. Les Marseillais le dégustent souvent avec du pain, mais c’est en toute simplicité que je le préfère : à la petite cuillère, sans rien d’autre que son puissant goût iodé. Pour l’ouvrir, on se sert de ciseaux, ou encore d’instruments plus sophistiqués :

Quand on est au bord de l’eau, c’est plutôt chouette de l’accompagner d’un peu de champagne, en se disant que ce n’est pas si grave d’avoir perdu au loto.
Une fois que l’on est repu et un peu saoûl, on peut retourner à des occupations normales, comme mater les poulpes,

se dire que Marseille est quand même une ville incroyablement belle,

ou encore aller se promener dans les rochers jusqu’à ce que l’ombre rafraîchisse l’air.
Je vous souhaite une bonne soirée et, surtout, un bon appétit.




toi et ton ciel bleu, toi et tes ballades en février dans les calanques et bien moi je me dis que l’année prochaine en février tu seras à Paris dans le froid et la grisaille.
Profites bien, tu as beaucoup de chance (et pour le loto, il y a un tirage mercredi)
N’y vois pas offense mais quand j’ai vu le mot “pornographique” sur blogactu (endroit où on parle en général de gateau, de chocolat ou de foie gras) j’ai tout de suite deviné que c’était toi !! Et je dois bien l’avouer j’ai foncé !
A mon avis tes stats vont exploser entre les mots “sexe” ou “membre viril”, Google ne va plus savoir où donner de la tête :-))
Je dois bien avouer que je n’ai jamais mangé d’oursin, à cause justement de cet aspect que tu décris si bien, mais à voir ton billet j’ai eu tort !
Nous devons manger exclusivement des organes sexuels féminins pour 2 raisons :
1/ l’épine … sont à l’extérieur ;
2/ Socrate était radin, pour un radin on dit “avoir des oursin dans les poches”, donc l’oursin est une chatte.
Tu peux modérer ce commentaire, moi, je me suis déjà fait rire tout seul.
Cassis et Bandol blanc, c’est bien aussi avec les oursins … que j’adore.
Oh, là là, ton billet va me rendre nostalgie, mais c’est vrai que la Méditerranée est belle … Moi, je vais souvent un peu plus loin sur la photo, après Marseille : à Cassis, et dieu que la Méditerranée est magnifique … même en hiver et j’aurai tendance à dire surtout en hiver …
ton article + le commentaire de Patrick ont déclenché un magnifique fou rire et la décision de ne pas mourir idiote (c’est-à-dire sans avoir goûté des oursins)
Patrick, dans la mesure où je ne souhaite pas contrarier l’esprit démocratique des blogs, je ne modèrerai pas ton commentaire. Pourtant, je suis outrée par tant de grossièreté, moi qui proposais simplement un article honnête et scientifique sur la dégustation de l’oursin. Il aurait été beaucoup plus correct d’écrire “l’oursin est une foufoune”, le mot “chatte” renvoyant à un argot paillard qui ne saurait avoir sa place dans ce blog si distingué.
* je pensai bien lire un de tes billets ;
* je ne doutai pas de l’extraordinaire commentaire de Patrick ;
* et cela me colle le spleen, because j’avais droit à mes 3 douzaines d’oursins que mon zamoureux allait me ramasser en traversant la route des sanguinaires à Ajaccio !
j’avais pas trop le moral mais alors là entre Patrick et toi je rigoooooole…….
Et bien voilà , on retrouve notre Patrick au mieux de sa forme et toi aussi pour notre plus grand bonheur ! une bonne petite rigolade comme ça avant d’aller me coucher..tiens je suis toute guillerette, je me ferais bien quelques oursins moi aussi, j’adore !
Rolalaaa, ça me donne super envie de manger des oursins femelles et foufounesques, tout ça !
Petite veinarde va !
Wouaaaahhhh!!!
C’est pô vrai???
Tu es du côté de Carry le rouet ?
Dans les année 70, je passais tous les ans 15 jours à Sausset les pins, dans le centre de vacances Paul Ricard, face à la mer. A l’époque, il n’y avais pas de plage de sable, tout était en rochers, et avec mon frère, qu’est ce qu’on s’piquait les pieds !
Que le monde est petit en fin de compte !
La Zaza kienrevienpa !
To aussi tu vas t’expatrier à Panam et renoncer à cette magnifique Provence qui nous offre tant ??? Pour moi c’est un déchirement mais la vie décide parfois pour nous…Les calanque en février c’est sublime et sugitton doit encore avoir des séquelles de mes années à Luminy!
Urgh. Je crois que ça me passe l’envie d’en manger à nouveau. J’avais fait un essai, 1h d’épluchage pour 1 minute de dégustation, pas bon rapport plaisir/temps !!
Si l’oursin de Cary rencontrait la crépidula fornicata de nos côtes charentaises, à quels excès n’assisterait-on pas. Heureusement, il y a l’étroit déduit de Gibraltar.
Comme Zaza mais un peu avant, j’ai de bons souvenirs de Cary et ma calanque favorite était Escu, difficile d’accès mais où l’on espérait toujours qu’enfin, une nymphe sortirait de l’eau.
j’en veux et surtout des calanques Marseillaises … c’est très exactement là que je veux vivre. Merci pour ce petit coin de paradis
Ta photo de la cuillere (d’organes sexuels) d’oursins sur fond de Mediterranee miroitante, ca me ferait presque pleurer. Ne viens pas par ici, profite au maximum de ce simple bonheur - tu sais ce matin j’ai du encore gratter la glace sur ma voiture…
Même pas vrai !
Passionnant, ce petit précis sur les oursins! D’habitude, je les mangeais bêtement… mais maintenant, je vais manger intelligent! ;-)
Heu… Anaik si t as du temps y a un questionnaire qui tourne sur les blogs en ce moment et je suis au regret de te dire que c’est ton tour;-) et oui j ai pensé à toi:d!!!!!!!Si t’es interessée, vas faire un tour sur mon blog
Anaïk moi aussi je t’ai passé le témoin pour le meme des 4 !! Allez, j’attends tes réponses avec impatience , le verre de tariquet à la main !
Pffffff non mais vraiment c’est pas du juste !!! Tiens, je vais aller manger une frite-fricadelle sur le 1er terril que je rencontre, avec trois pulls, 4 bonnets et 6 écharpes, sans compter les paires de gants !!!!! J’VEUX DU SOLEIL !!!!!!!!!
Euh…par contre j’te laisse volontiers les oursins parce que déja manger un mollusque je peux pas, alors si en plus c’est un sexe de mollusque, et vivant de surcroît…….
Salut Anaïk,
Ton article sur les oursins et les oursinades m’a sauté aux yeux surtout quand j’ai vu Carry le Rouet…
Eh oui, nous sommes voisines…
Pour ma part, bien que née à Marseille et vivant dans les environs depuis 30 ans et quelques jours, je n’aime pas ça les oursins…
Mais que notre Méditerranée est belle!!!!
Super ton blog.
Souvenirs, souvenirs! Belles photos! Bord de mer en février, c’est génial. Le ciel de Grenoble est bas et gris-noir, le soleil sur la mer donne envie…
moi j’ai jamais mangé d’oursins mais j’habite depuis septembre à Aix et c’est vrai que le soleil d’ici est un bonheur que j’apprécie un peu plus chaque jour… (surtout après 6 ans en Savoie!)
Je rentres hier soir déprimée, je venais de faire une de mes plus grande découverte gustative : les Oursins et je me demandais comment allais-je pouvoir vivre maintenant sans?
Et pourtant, je n’ai pas passé le W.E. à marseille, mais sur l’ile de Ré, et j’ai connu l’extase.
Nous avons ramassé, plutôt déniché, extrait des oursins et dégustés ensuite. J’ai beaucoup aimé leurs organes sexuels, bel aspect , goût exquis.
Merci pour ton billet qui me redonne un peu de joie, et si j’organisais un petit WE du 8 mai dans le sud, histoire de comparer!
Très heureuse que tu aies aimé les oursins. Comme je te comprends, c’est tellement bon !
Pour le week-end du 8 mai, je pense que c’est impossible : si je ne me trompe pas, la saison des oursins ne concerne que les mois contenant un R, de septembre à avril. Mais Marseille vaut la peine même sans oursins !
Quoi! je vais devoir attendre 5 mois, vite je vais chercher sur ton site un remontant (non alcoolisé) pour tenir le coup. Merci pour cette info bien que cruelle.
Moi qui croyait qu’on y mangeait les oeufs… je suis… surprise ! Mais bon, trop tard, j’ai en mangé pour la 1ere fois la semaine dernière!