20 décembre 2005

Pâtes fraîches farcies aux cèpes

Presque chaque automne, nous allons “aux champignons”, avec mon père, pour essayer de ramasser un panier de ces délicieux lactaires que l’on appelle, en Provence, “sanguins”. Nous crapahutons dans la garrigue pendant des heures, enivrés par les odeurs de pin, de thym et de romarin (de soufre, de protoxyde d’azote et de gaz carbonique des merveilleuses usines de l’Étang de Berre, diront les mauvaises langues).
Je n’aime pas vraiment chercher les champignons : les yeux rivés au sol, je n’ai pas le temps de regarder les arbres et le ciel. Je préfère papillonner et papoter (mon père m’appelle “France Inter” et me demande souvent de me taire : “Les champignons, c’est comme les poissons : le bruit les fait partir”. Je l’ai cru pendant longtemps).

Mais le moment que j’aime le plus, c’est quand mon père me dit : “Bon allez, cherche un peu par là au lieu de t’éparpiller”. Généralement, je me retrouve face à un champignon énorme et rebondi, entouré de plusieurs petits frères tout aussi appétissants. J’ai vingt-sept ans et mon père me laisse encore, parfois, trouver les champignons à sa place. Lorsqu’on on lui donne un petit coup de pouce, l’enfance ne s’arrête donc jamais.

Mon père est ainsi mon “émotion champignon“, contrairement à Brad qui, non content de ramasser tous les sanguins qu’il repère sur notre chemin, fait le mack en exhibant sa cueillette tel un trophée attestant de sa supériorité. Mais je lui pardonne car c’est avec enthousiasme qu’il m’aide, de temps en temps, à confectionner des pâtes fraîches. Nous y passons des heures et la cuisine se transforme en champ de bataille : farine recouvrant plan de travail et carrelage, couverts semés dans tous les recoins de la pièce, casseroles multiples remplies de différentes farces. Cette fois, je vous livre les simplissimes secrets de nos raviolis farcis aux cèpes.

La pâte à pâtes (c’est con, ça me fait rire) :

  • Mélanger 500 gr de farine blanche, 100 gr de farine intégrale, 5 oeufs et un peu d’huile d’olive. Pétrir la pâte jusqu’à ce qu’elle forme une boule élastique.
  • La laisser reposer un peu, puis l’étaler le plus finement possible, si possible avec un laminoir.

La farce :

  • Faire revenir quelques cèpes frais ou surgelés dans de l’huile d’olive, puis ajouter de l’ail, du persil, du sel et du poivre.
  • Quand les cèpes sont cuits, ajouter un oeuf et mixer le tout grossièrement.
  • Déposer des petits tas de farce sur un morceau de pâte étalée, placer un autre morceau de pâte sur le dessus et découper des raviolis.
  • Les faire cuire dans de l’eau bouillante, les égoutter et les arroser de crème chaude. Les parsemer de parmesan fraîchement rapé et déguster immédiatement.

Commentaire(s) pour “Pâtes fraîches farcies aux cèpes”

  1. Ta recette plairait énormément à Rufin : pâtes + cèpes = duo gagnant à tous les coups !
    Je prends note pour les récoltes de l’an prochain !

  2. J’aime beaucoup ton “émotion”

  3. Excellente idée, la gousse d’ail !

  4. J’aurai jamais le courage d’en faire moi-même et t’en admire d’autant plus, ça a l’air à se rouler par terre.

    Par ailleurs, l’histoire de la cueillette avc ton papa est une très jolie histoire !

  5. France Inter, mais c’est très supportable comme son, comparé à bcp d’autres postes. Mais je trouve que ton père a raison. Sans attention, pas de champignons. Allez, un jour tu prendras la relève…

  6. Une belle recette , et une belle histoire ! Quant à ton surnom je le trouve plein d’humour , tu as de la chance d’avoir un tel papa.

  7. Cette recette me plaît beaucoup!

    Tarzile

  8. Chouette fille, chouette papa! J’aime bien ta recette aussi. La radio est branchée sur France Inter, je t’imagine.

  9. J’aime beaucoup l’humour de ton papa.
    Un grand bravo pour ta recette et aussi pour la photo.

  10. Dis, c’est normal si je salive??????
    J’en peut plus, moi!!!!

  11. Plein d’émotions ces rapports père / fille…
    et tu nous proposes une bien belle recette ! Ha les cèpes !

  12. très jolie émotion… ta recette a l’air excellente, j’ai faim!!

  13. C’est sot, mais si au lieu des pâtes tu avais mis du chocolat et que tu remplaces les cèpes par des oranges confites et l’ail par du basilic, tu aurais pu gagner un magnifique livre de Pierre Hermé.

    Dis, retni ecnarf, n’as tu pas l’impression de ramer à contre courant ?

  14. Ca alors, ca alors, toi aussi tu fais partie du club des filles-à-papa-chercheur de champignons ? Et moi aussi, c’est au bord de l’étang de Berre, damned !
    Serions-nous cousines sans le savoir ? (j’espère que nous ne partageons pas le même père sans le savoir)…

  15. Ton message m’a bien fait rire (”Miss France Inter” tiens, ça s’en est une que le mien n’a pas trouvé… et pourtant je suis sûre que si je cafte, il va se l’approprier !). Si en plus Esterelle s’y colle alors là…. Excellente émotion et très jolie recette !!
    A+
    Fred

  16. Et oui Ester, j’ai aussi le privilège de vivre dans l’une des régions les plus polluées du monde (mais tellement agréable !)

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