18 octobre 2005

Lapin fermier, sauce aigre-douce

J’ai dans mon congélateur un lapin tout droit venu de chez la grand-mère, tué comme dans Le Grand chemin, le joli film avec Anémone et Richard Bohringer. Souvenez-vous : nous sommes à la campagne et le minot parisien refuse de manger du lapin à table, horrifié par le dépeçage auquel il a assisté dans la journée. Je suis trop gourmande pour me passer d’un véritable lapin fermier, mais lorsque j’étais enfant, j’avoue que j’étais quelque peu perplexe et tétanisée devant ce lapinou dépecé et pendu à l’échelle devant la grange. Je vous passe la scène de l’arrachage de l’oeil et autres détails délicats. Hum. Je publierai peut-être un jour quelques photos de cette ragoûtante opération, par souci anthropologique bien entendu.

Mais revenons-en à nos lapins. Mon problème, c’est que je n’ai jamais cuisiné cette petite bête. J’ai choisi une recette de “lapin à l’aigre-doux” trouvée dans Elle. La grand-mère n’ayant pas pensé, malgré sa grande bonté, qu’une pauvre âme urbaine comme la mienne aurait quelques difficultés à découper un animal mort, elle m’a gentiment refilé le lapin ENTIER ! Et elle a laissé la TÊTE !

Je prends mon courage et mon lapin à deux mains. Après avoir imprimé la fiche technique de Chef Simon, “Découper un lapin”, je me lance. J’avoue ne pas être très efficace (je suis pressée d’en finir) mais je finis par y “arriver”. Je place les “morceaux” (les trucs, quoi) de lapin dans une marinade composée de 25 cl de vin blanc, de 2 cuillères à soupe de vinaigre de riz japonais (scrogneugneu, je n’ai pas de vinaigre de vin blanc) et de 3 feuilles de laurier. Je laisse mariner pendant deux heures et, pour me remettre, je mange la moitié d’une tablette de chocolat au riz soufflé.

Au bout de deux heures, j’égoutte les morceaux de lapin puis les fais dorer dans de l’huile d’olive. Je les réserve et les remplace par de l’échalotte émincée, des morceaux de jambon cru coupés en dés (je n’ai pas de lard, comme dans la recette) et quelques gousses d’ail en chemise. J’ajoute quatre pincées de sucre en poudre, du sel et du poivre, et je fais blondir un peu le tout. Je remets ensuite les morceaux de lapin dans ma cocotte, puis ajoute deux poignées de raisins secs et la marinade. Je laisse mijoter pendant 1 heure, en retournant la viande de temps en temps. Quand le lapin est cuit, j’ajoute trois cuillères à soupe de vinaigre balsamique et je laisse cuire encore 5 minutes.

En accompagnement, j’ai préparé des carottes sautées aux échalottes et des pâtes (au jus, bien entendu).

Brad entre dans l’appartement et me dit : “Hmmmmmm… Qu’est-ce qu’on mange ?”. Mission accomplie. Encore plusieurs mois à ce rythme, et il m’épouse.

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